Conte 5 Version Writer's Cut -16
Conte 5 – Writer’s cut - 16
Belinda Laddhyn et le Trèfle magique
Ce samedi-là, elles avaient été à leur cours de danse et depuis plusieurs jours Amanda, lui disait qu’elle aimait bien ses boucles d’oreille, qu’elle aimerait bien en avoir des comme elle.
Alors après leur cours, elles se rendirent, toutes les deux chez un bijoutier. Et elle lui fit percer les oreilles. Amanda fut courageuse et ne pleura pas. Elle s’accrocha, simplement, de toutes ses forces à sa main, à elle tandis que la vendeuse lui perçaient les oreilles. Et tandis que Belinda payait, Amanda se tenait fort à elle ce qui fit sourire la vendeuse.
Mais à peine furent-elles sorties qu’Amanda se mit à pleurer. Aussitôt Belinda s’agenouilla sur le sol et lui demanda ce qu’il lui arrivait. Mais la petite fille ne voulait rien dire.
- « Tu sais que tu peux tout me dire, ma puce »
- « Tu fais tout ça avec moi comme une vraie maman elle fait mais moi j’ai pas de maman et toi un jour tu seras peut-être ma maman ! Et je voudrais bien que tu le sois mais tu le seras peut-être pas et j’aurai peut-être jamais de maman pourtant je suis courageuse tu le vois hein ! Et je suis pas méchante ! Hein Nineda ?! »
- « Je…non t’es pas méchante…pas méchante du tout » lui dit-elle en la prenant dans ses bras pour la consoler.
Lorsqu’elles rentrèrent Damian était en train de réviser pour ses partiels. Amanda lui sauta dessus pour lui montrer que Nineda lui avait fait percer les oreilles. Et les boucles d’oreille qu’elle avait eues de Nineda et qu’elles avaient toutes les deux les mêmes, qu’elle pourrait bientôt les mettre elle aussi comme Nineda. Cela fit sourire Damian. Mais Belinda, elle, semblait contrariée, troublée comme cela lui arrivait parfois. Mais plus cette fois-ci.
La soirée passa comme la plupart du temps les week-ends une pizza, des jeux et un film et avant la fin de celui-ci Amanda tomba endormie sur ses genoux, elle alla la coucher comme tous les soirs maintenant comme depuis un certain temps.
Lorsqu’elle revint Damian rangeait la console. Elle s’assit dans le canapé derrière lui.
- « J’entends tes pensées, tu le sais, vas-y accouche ! » lui dit-il sans même se retourner. Elle sourit alors. Mais son sourire s’effaça là bien vite.
- « Je t’ai jamais demandé…la mère d’Amanda…qu’est-ce qui s’est passé ? ».
Il se retourna vers elle, la regarda. La conversation qu’il attendait, redoutait parfois, qu’il devrait de toute façon avoir un jour avec elle était arrivée.
Il laissa alors la console là où elle était et vint la rejoindre sur ce canapé. Il s’assit auprès d’elle.
Il lui raconta alors tout ce qui avait fait sa vie, tout ce qui avait été sa vie jusqu’à rencontrer Amanda, tout ce qu’il avait fait pour elle, pour la protéger, tout ce qu’il avait fait jusqu’à la rencontrer elle. Sans oublier le moindre détail, la moindre chose ou encore les enjoliver. Sans même essayer de se dédouaner ou ne serait-ce que de se trouver la moindre excuse. Il fut totalement honnête avec elle. Elle devait tout savoir maintenant. Le moment était arrivé.
Elle l’écouta. Cela aurait dû l’effrayer, l’abasourdir, la faire fuir. D’autres qu’elle aurait eues peur, aurait même, peut-être, appelé la police. Bien sûr, en l’écoutant parler elle eut cette impression que son estomac allait se retourner. Envie de vomir, envie de chialer, envie de lui gueuler dessus et même de le frapper, de le cogner aussi fort qu’elle le pouvait. Mais jamais elle n’eut peur car, aujourd’hui, elle le connaissait et elle savait qui il était.
Cependant, elle eut besoin de quelques minutes pour tout digérer. De très longues minutes. Elle se dirigea vers cette fenêtre dans laquelle son image se reflétait. Elle étreignit alors ce trèfle qui n’avait jamais quitté son cou depuis son anniversaire. Elle avait beau faire celle qui était surprise, celle qui réfléchissait, celle qui venait de tout prendre en pleine figure. Mais la vérité, c’était qu’elle le savait. Elle n’était pas plus surprise que ça. Elle le savait, au fond d’elle.
Bien sûr, elle n’aurait jamais pu mettre de mots là-dessus mais elle savait tout ça. Elle avait senti sa noirceur, sa violence. Elles surgissaient parfois, durant une fraction de seconde, dans son regard quant on tentait de leur prendre une place au parking ou dans la file d’attente au supermarché ou quant il avait l’impression qu’on les menaçait de quelques façons que ce soit, elle et Amanda, qu’on leur empêchait d’avoir ce qu’elles voulaient. Elle savait qu’il voulait les protéger et qu’il ferait toujours tout pour ça. Elle savait que sous ses airs de marshmallow il y avait un rottweiler enragé qui grondait. Elle savait tout ça. Elle le savait. Alors elle n’avait pas à faire comme si elle ignorait tout ça. Elle se tourna vers lui, le regarda.
- « Tu m’as tout dit ? »
- « Ouais »
- « Tu aurais pu me mentir »
- « Sans confiance il n’y a pas d’amour sincère ». Elle sourit.
- « Et Amanda ? Elle le sait ? »
- « Elle sait que je ne suis pas son vrai père »
- « Ok…ok. Et maintenant ? »
- « Tu fais ce que tu veux, t’es libre ! ». Elle sourit de nouveau.
- « C’est pas…non je veux dire et maintenant tu fais encore ça ? »
- « La dernière fois que j’ai eu envie de…c’était toi…ça fait partie de moi aujourd’hui et… »
- « Et c’est ce qui fait de toi ce que tu es…et c’est bien comme ça…[elle alla le rejoindre sur ce canapé et posa la tête sur son épaule]…tu sais que je suis une salope ? »
- « Je l’ai toujours su…[il lui caressa affectueusement le visage]…c’est bien pour ça que…tu le sais…[elle l’embrassa alors tendrement]…zéro…zéro…zéro sept cinq trois huit zéro six tiret soixante-treize. Mot de passe : Casoar »
- « Et… ? Ça veut dire… ? »
- « C’est un numéro de compte de la Banque Nieuemann et Koening à Berlin sur lequel il y a suffisamment d’argent pour recommencer une nouvelle vie ailleurs ».
- « Pourquoi tu me dis ça ? »
- « Au cas où ».