Conte 5 Version Writer's Cut -9




 

Conte 5 – Writer’s cut - 9

 

 

Belinda Laddhyn et le Trèfle magique

 

 

Le lendemain matin après une nuit passée, à penser et repenser à tout ça, elle se leva de bonne heure. Elle avait cette boule à l’estomac car elle savait ce qu’elle voulait, ce qu’il fallait faire mais cela lui foutrait la trouille. Elle prit sa douche en vitesse, enfila un jeans, ses bottes, un pull.

Neuf heures. Et pas de SMS, pas de coup de fil pour lui demander si elle avait bien dormi. Rien. Elle s’était emballée pour rien. Elle n’eut pas le temps de se mettre en colère ou de lui en vouloir que son portable sonna comme s’il l’avait entendu. Elle en regarda l’écran.

 

 

Salut, j’espère que ça va et surtout que je ne te réveille pas. Je ne t’embête pas plus. Passe un bon dimanche 😊

                             Damian 😘

 

Slt.sava.biz

 

 

Ok se dit-il en regardant l’écran de son portable. Il aurait mieux de ne rien faire.

 

Le dimanche matin se passa.

 

Lui s’occupa de sa fille, joua avec elle, et prépara le repas tandis qu’elle regardait à la fenêtre…en espérant que, peut-être, quelqu’un passerait. Mais se disant en même temps que si elle venait ce serait un vrai miracle vu le SMS qu’elle lui avait envoyé. Pas du tout impersonnel et pas froid du tout. Et putain pourquoi elle lui avait écrit ça ! Qu’est-ce que ça voulait dire ? Il l’emmerdait ou quoi ! Déjà ?

 

Vers onze heures trente, alors qu’il préparait son traditionnel poulet du dimanche, la sonnette retentit. La porte s’ouvrit pratiquement aussitôt sur une petite fille blonde en survêtement rose et aux pantoufles à grosse tête de licorne qui se mit à la fixer le regard froncé et interrogateur.

 

-          « Bonjour…je… » lui dit-elle serrant le paquet qu’elle tenait dans ses mains.

-          « T’es Bénineda ? T’es la copine de mon papa ? »

-          « Euh…je…on va dire ça…ouais »

-          « Tu sais qu’i’ m’a parlé de toi »

-          « Il m’a parlé de toi aussi…beaucoup »

-          « C’est quoi ça ? » lui demanda alors la petite fille en désignant le paquet qu’elle tenait.

-          « Euh…des…gâteaux »

-          « C’est qui, Princesse ? » demanda alors une voix qui venait de l’intérieur de l’appartement.

 

-          « C’est Bé-ni-ne-da ! T’as vu que je t’avais dit qu’elle viendrait ! J’avais raison ! ». Aussitôt, il arriva devant cette porte.

-          « Ben entre, reste pas dehors ! ».

-          « Euh…t’es sûr ? Je dérange pas ? ». Elle avait le regard fixé sur cette petite fille qui, pour elle, à ce moment-là, ressemblait à un gremlins à la tignasse blonde et au regard inquisiteur] 

-          « Salut…[il lui donna un petit bisou sur la bouche. A ce moment-là, Le regard de la petite fille se fronça davantage]…comment ça va ? ».

-          « Si je dérange tu dois le dire ». Son regard ne parvenait pas à quitter de cette petite fille de ses gros yeux bleus.

-          « Arrête…oh, tu parles de ma charmante petite demoiselle… elle va pas te manger…[il prit alors son anorak, l’accrocha au porte-manteau de son entrée et l’emmena vers son salon qui faisait aussi office de salle à manger]…assieds-toi, je termine et j’arrive…tu veux boire quelque chose en attendant ? »

-          « Pas pour le moment » lui répondit-elle en s’asseyant à la table de cette salle à manger – salon.

 

Elle eut à peine le temps de jeter un œil à cette pièce bien rangée où trônait en son centre un grand téléviseur plasma, une console de jeux sur la table basse et les box internet bien rangées dans un meuble, un canapé face à elles avec quelques coussins bien disposés, quelques cadres décorant les murs bien tapissés, des photos de lui et de la petite fille, d’autres garçons, d’une fille. Bref un appartement bien rangé et bien meublé même si le mobilier datait un peu. Et alors qu’elle regardait un peu tout partout, un petit monstre grimpa sur la chaise juste en face d’elle. Tenant un lapin bélier dans ses bras, le visage fermé et le regard scrutateur, d’un coup, il se dressa face à elle.

 

-          « Tu-fais-quoi ! »

-          « Euh…je fais quoi, quoi ? » lui demanda la jeune femme d’un ton doux

-          « Ben avec mon papa ! »

-          « Je… »

-          « Tu sais qu’il y a longtemps qu’on est que tout seul avec mon papa ? »

-          « Il me l’a dit, oui »

-          « Et tu sais qu’il est gentil mon papa ? »

-          « C’est ce qui m’a semblé, ouais »

-          « Et toi, t’es gentille ? »

-          « Euh…je sais pas…tu dirais quoi toi ? »

-          « Ben j’espère que c’est que tu l’es parce que c’est que mon papa il est gentil gros comme ça avec moi et qui fait tout qu’est-ce qui peut pour que je suis contente et que j’aimerai bien que mon papa il a une maman gentille grosse comme ça avec lui pour que lui aussi il est content…et pour moi aussi j’aimerai bien aussi…parce que c’est que mon papa il est toujours tout seul, tu sais…enfin y a les garçons mais c’est pas pareil eux c’est des copains…et moi je suis pas une maman, c’est pas pareille »

-          « C’est sûr…écoute je peux pas te promettre que ton papa sera toujours…content avec moi…mais…je n’ai pas l’intention d’être méchante avec lui…enfin…c’est tout ce que je peux te dire…je peux rien te promettre »

-          « Tant mieux parce que c’est que mon papa i’ dit toujours que c’est qu’on doit pas faire de promesse comme on sait pas les tenir »

-          « Il a bien raison ton papa ».

-          « Tu veux le prendre ? » lui demanda alors la petite fille en lui tendant son lapin.

-          « Euh…pourquoi pas…il s’appelle comment ? »

-          « Il s’appelle Miguel ! « Tapé, tapé, tap-ééééé M’sieur Maurice ! »                            Tu connais pas ? ».

D’un coup, la petite fille sauta de sa chaise et fonça vers l’entrée.