Conte 5 Version Writer's Cut -8




 

Conte 5 – Writer’s cut - 8

 

 

Belinda Laddhyn et le Trèfle magique

 

 

Doucement, il se recula d’elle, ses yeux dans les siens. Elle regardait, ce n’était pas le plus beau des hommes, le plus grand, le plus fort, le plus intelligent. Mais il avait ce don de la mettre dans tous ses états. Et c’était pire maintenant. Elle avait l’impression de trembler de partout, que son cœur allait exploser tout comme sa petite culotte et qu’un foutu tyrannosaure était subitement né dans son ventre et que, maintenant, il cherchait par tous les moyens à en sortir. Elle avait l’impression qu’elle allait tomber dans les pommes. Et pourtant elle ne s’était jamais sentie aussi bien que là, à cet instant.

Lui, il ne pouvait pas s’empêcher de la regarder, son visage, son sourire, ses yeux. Son cœur frappait dans sa poitrine. Il sentit tout à coup ses mains trembler, ses bras, et tout son corps. Et lorsqu’elle se serra contre lui, qu’il referma ses bras sur elle et qu’il se serra contre elle, tout s’effaça.

 

Elle leva la tête vers lui.

 

-          « Tu…tu…tu veux monter ? » lui demanda-t-elle, la gorge nouée.

-          « Je…oui…non…bien sûr que oui…je…[il tentait de se contrôler, cherchant à reprendre ses esprits]…c’est pas ça…c’est pas que j’ai pas envie tu sais…c’est pas ça, tu vois…mais…non…mais non…je…attends je vais me calmer un peu là parce que…je vais tourner de l’œil…[il fera les yeux, souffla. Elle sourit]…c’est pas que je n’en ai pas envie, c’est pas ça…mais...tu sais je veux plus que ça…que…monter avec toi…je dis pas que j’en ai pas envie, ou que j’y ai jamais pensé mais tu sais… »

-          « Tu veux plus que ça »

-          « C’est toi…c’est toi que je veux, tout toi…je veux dire…si on passait la nuit ensemble demain matin je serai incapable de te préparer ton petit déjeuner parce que je ne sais pas ce que tu prends ou même si tu prends un petit déjeuner tu vois…on ne se connait pas. Ben…c’est sûr qu’on ne va pas attendre des années mais…je crois qu’il faut quand même se connaitre un minimum avant de…tu vois…et puis…ce qui se passe entre nous c’est une chance, je ne veux pas la gâcher…c’est con ce que je dis hein ? »

-          « Non, c’est pas con, je comprends ce que tu veux dire. Et t’es bien le premier à me dire tout ça tu sais…je…t’es pas comme les autres, Damian. Et…je sais pas comment tu fais pour me foutre autant la trouille et en même temps me donner autant envie de t’embrasser…bon j’ai aussi envie de t’en coller une mais…il y a une chose de sûre c’est que t’es pas comme la plupart des mecs »

-          « Non je suis pire tu verras…tu vas probablement te sauver quand tu t’en rendras compte »

-          « Je crois pas ».

 

Elle posa alors sa main sur son visage et tandis qu’elle caressait sa joue, elle vit son visage changer comme s’il avait été touché par la grâce ou par un ange. Elle n’était pas un ange, loin de là, mais pour lui elle l’était. Déjà. Elle l’embrassa alors. Ce baiser qu’ils échangèrent à ce moment fut le genre de baiser dont on ne veut pas qu’il s’arrête. Jamais. Celui qui vous fait comprendre que l’autre est celui ou celle qui vous complète, celui qui comble tous les vides celui qui efface tout ce qui vous a blessé ou meurtri, celui qui répare les choses cassées en vous.

Et ce moment fut le premier qu’ils passèrent véritablement ensemble. De longues minutes plus tard, qui, pour eux, n’avaient été que quelques secondes, elle se recula de lui. Il avait ce regard sur elle. C’était elle qu’il regardait et rien qu’elle. Et cela lui donna la chair de poule.

 

-          « Je vais te laisser » lui dit-elle

-          « Ok…ok…alors on se voit demain ? »

-          « Demain ? Demain c’est dimanche, tu sais »

-          « Et alors… ? »

-          « Mais…ta fille ? C’est…c’est un peu tôt pour ça non ? »

-          « Il faudra bien à un moment ou un autre…mais il n’y a pas que ça…j’ai…j’ai aussi envie que tu sois là tu sais »

-          « Je ne sais pas si je suis prête »

-          « C’est comme tu veux… » lui dit-il en caressant délicatement sa joue « tu sais où on habite si tu veux passer tu passes, que ce soit pour boire un verre, dire bonjour ou tout ce que tu veux…et si tu ne veux pas venir…si tu ne te sens pas prête alors tu ne viens pas. C’est toi qui choisis, je ne t’oblige à rien et je ne vais pas te faire la gueule, d’accord ? »

-          « Ok »

-          « Bon c’est sûr que si tu ne viens pas je vais m’ouvrir les veines et je vais hurler au monde entier que c’est de ta faute mais bon à part ça je ne t’en voudrais pas tu sais »

-          « T’es con ! »

-          « Je le sais et tu sais quoi ?...J’en suis fier »

-          « Ça, j’avais compris » sourit-elle.

 

Encore une fois, il se serra contre elle. C’était bien la première fois de sa vie qu’un homme se serrait dans ses bras à elle. Elle aurait pu rester comme ça des heures. Une nouvelle fois il se recula d’elle, il la regarda et doucement lui donna un léger baiser sur les lèvres et lui caressa la joue.

 

-          « Ok… » lui dit-il. Elle acquiesça.

 

Il se recula d’elle sa main glissant le long de son bras jusqu’à sa main qu’il tint dans la sienne tout en la regardant. Elle sourit. Puis, elle se tourna vers le bâtiment où était situé son appartement puis vers lui tout aussitôt, recommença. D’un coup, elle se jeta contre lui pour l’embrasser et l’embrasser encore et encore.

 

Doucement, elle se recula et se recula encore doucement. Il lâcha ses mains. Elle se mit alors à marcher vers l’entrée de son bâtiment. Lentement en marchant elle se retourna vers lui. Il ne bougeait pas. Il resta là à la regarder rentrer chez elle. Une fois dans le hall, elle se retourna encore, elle espérait qu’il soit derrière elle pour lui donner un dernier baiser. Mais il était toujours à la même place. Elle lui fit un signe de la main et referma la porte pour disparaître à l’intérieur de ce bâtiment.

 

Tout le reste de la soirée, elle ne fit que penser à lui, à ces baisers qu’ils avaient échangés à ce qu’il lui avait dit, à cette journée qu’ils avaient passée ensemble. Lui il était chez lui avec sa fille et elle, elle était ici comme une conne quant elle pourrait être avec lui là-bas. Elle s’était fait la promesse de profiter de chaque moment, de chaque instant. Et là elle était comme une conne devant sa télé éteinte à repenser à tout ça. Elle était là à ruminer alors qu’elle pourrait vivre, vivre quelque chose peut-être d’incroyable avec lui et peut-être même avec lui et sa fille. Tout à coup, elle attrapa son portable pour lui envoyer un SMS et lui demander ce qu’il faisait, elle avait envie de le voir. Au même moment, son application de rencontre lui envoya une notification. Elle venait de recevoir un message, un homme lui proposait un rencard.

 

-          « Vas te branler, toi ! » se dit-elle.

 

Elle allait supprimer l’application de son téléphone. Mais c’était encore trop tôt pour tout ça. Elle s’emballait et lui aussi. Il y avait des tas de choses qu’elle ne savait pas sur lui et des tonnes que lui ignorait sur elle. Il devait parler avant tout, apprendre à se connaître. C’était trop tôt. Bien trop tôt. Il avait raison.

Alors elle reposa son portable et alluma sa télé. Mais une petite voix dans sa tête ne se taisait pas et n’avait pas l’intention de se taire. Elle avait peu de temps. Et chaque jour lui était précieux. Et cette voix lui disait qu’ils lui seraient de plus en plus.