Conte 5 Version Writer's Cut -12
Conte 5 – Writer’s cut - 12
Belinda Laddhyn et le Trèfle magique
Lorsqu’elle renta chez elle, elle se doucha rapidement, et tenta de se choisir une tenue mais chaque robe qu’elle avait, chaque jupe, lui donnait une drôle d’impression. Que penserait-il s’il la voyait habillée comme ça. Comme une pute en chaleur. Elle ne pouvait pas mettre ça. Elle passa un temps infini à se composer une tenue qui lui convenait, qui convenait à celle qu’elle devenait.
Lorsqu’elle fut prête, elle prit son petit sac avec quelques affaires, de quoi se changer, sa brosse à dent au cas où et se dépêcha d’aller les rejoindre.
Une fois de plus, elle sonna à sa porte. Il lui ouvrit. Un court instant elle crut qu’elle s’était trompée d’appartement. Mais non, c’était bien lui. Il était sur son trente-et-un. Il portait un beau costume noir, une chemise blanche et une belle cravate assortie. Ça lui allait bien. On aurait dit l’un des ses acteurs qui faisait de la pub pour un parfum.
- « Entre » lui dit-il en la regardant avec un grand sourire
- « Merci ».
Elle entra, ôta son long manteau. Là, il en fut pétrifié. Elle portait une longue robe noire décorée de fin liserais argentés sur les coutures et largement décolletée dans le dos, de hauts talons rouge et vernis. Elle était légèrement maquillée. Le noir sur ces cils faisait ressortir le noir de ses yeux qui contrastaient avec son teint cuivré. Ses longs cheveux bouclés lui tombaient sur les épaules et dégageait un léger parfum de vanille.
Lui, il ne bougeait plus. Il la regardait, il ne pouvait s’empêcher de la regarder.
- « Ça va » lui demanda-t-elle ravie de ce petit effet qu’elle avait sur lui
- « T’es magnifique, t’es tellement belle ». Ces mots sortaient de sa bouche mais lui avait l’air d’être aux abonnés absent.
- « Je sais » sourit-elle. Il sourit à son tour.
Et il se retourna pour accrocher son manteau. Mais la porte de son appartement était encore ouverte et elle vint le ramener à une réalité bien plus frappante. Son visage la heurta d’un coup. Sa tête claqua si fort contre cette porte que tout son immeuble dut l’entendre. Elle éclata de rire.
Sans attendre, et même si sa tête lui faisait un mal de chien, il l’emmena dans cette salle à manger – salon où il avait dressée une jolie table que la lueur des bougies rendait magique.
- « Et Amanda ? Elle est pas là ? » lui demanda-t-elle.
- « Elle est chez Tati Katy et Tata Nadya…j’avais pensé qu’ou pouvait passer la soirée seulement tous les deux comme c’est ton anniversaire et que c’est le premier qu’on passe ensemble, je me suis dit que… »
- « Alors tout ça c’est pour moi tout seule ? »
- « Non, c’est pour la mère Noel donc si tu pouvais te casser parce qu’elle va pas tarder et comme elle a l’air d’être facilement jalouse, je voudrais pas…[elle sourit]…si tu veux bien ».
- « Et galant avec ça ! »
- « Tu veux un secret c’est juste pour toi et…juste pour ce soir parce que ce n’est pas un soir comme les autres…[elle sourit de nouveau]…je reviens ».
Tandis qu’il s’en allait vers sa cuisine, elle regarda cette table qu’il avait dressée pour elle. La nappe, les serviettes en tissu vert et blanc étaient assorties aux assiettes visiblement neuves. Les verres, neufs eux aussi, reflétaient la lumière orangée des bougies et des deux lampes de chevets sur lesquelles il avait placé un linge pour en tamiser la lumière. Un léger fond musical flottait sur cette atmosphère feutrée. Et une bonne odeur de rôti venait de la cuisine. C’était bien la première fois de sa vie que quelqu’un, qu’un homme, faisait tout ça pour elle.
Il revint alors avec une bouteille de vin dans les mains. Il lui en versa un verre, puis un à lui et s’assit devant elle.
- « Joyeux anniversaire »
- « Merci… » sourit-elle, buvant une larme « huuuum ! Qu’est-ce c’est bon ! C’est quoi ? »
- « Un pinot noir »
- « Un pinot noir ? Ben t’as fait des folies ! » ajouta-t-elle en en rebuvant un bon coup cette fois.
- « C’est…normal, c’est ton anniversaire ».
Et tandis qu’ils prenaient l’apéro, ils discutèrent de tout de rien, de cette Katy qui était l’une des amies de Damian un peu comme sa petite sœur qui sortait depuis plusieurs semaines maintenant avec Nadya. La même Nadya qui était en cours avec lui. Belinda lui confia alors qu’elle ne s’était jamais aperçue que cette fille préférait les filles. Et en même temps cela la soulagea car lui et Nadya semblaient être proches. Peut-être n’était-ce que pour cette raison.
Il lui confia même qu’il n’y avait que peu de temps qu’il s’était rendu compte que Katy était une fille. Comme les autres garçons. Tous étaient ses meilleurs amis. Ensemble, ils formaient une sorte de famille, un peu particulière. Car avant de se connaître ils s’étaient foutus sur la gueule. Elle sourit quand Damian lui raconta cela. Elle, elle n’avait jamais vraiment eu de meilleure amie. Sa mère avait été sa meilleure amie. Elle lui confia alors qu’elle était un ange, qu’elle était d’une douceur incroyable et que tous les jours elle lui manquait. Lorsque Damian vit dans ses yeux que des larmes commençaient à se former, il changea de conversation.
Il l’invita à danser.
- « T’es fou ! Je sais pas danser »
- « Je ne le dirai à personne et je te promets de ne pas pleurer si tu me marches sur les pieds, même avec tes talons ». Il se leva alors de sa chaise, se dirigea vers elle et lui tendit la main.
- « Non arrête ! Tu veux me foutre la honte hein ! »
- « Il n’y a que nous ici ».
Elle se leva de sa chaise. Il la prit alors dans ses bras. La lumière des bougies faisait luire ces larmes qui étaient nées dans ses yeux. Il passa alors délicatement son pouce sur ses paupières, les effaça. Elle le regardait. Il n’avait rien à voir avec les hommes qu’elle avait rencontrés avant. Il ne jouait pas au plus grand, au plus fort et il n’était certainement pas le meilleur comme eux le pensaient. Mais jamais ils ne seraient comme lui, jamais ils ne lui arriveraient à la cheville. Il n’y avait que quelques semaines qu’ils sortaient ensemble et pourtant elle savait ce qu’il était sans pouvoir l’expliquer, cette lumière et cette noirceur qui émanait de lui, cette force et cette faiblesse. Ce courage et cette sorte de férocité qu’il avait parfois dans le regard. Elle av ait peur. Et pourtant rien de tout ça ne lui faisait peur. Elle savait que jamais il ne la ferait souffrir, jamais il ne lui ferait de mal. Elle le savait car dans ses bras, même si cela pouvait aujourd’hui passer comme dessué, elle se sentait protégée, en sécurité, sa place. Et Tellement bien. Elle n’avait jamais ressenti ça. Aussi fort. Aussi sûre. Jamais il ne la ferait souffrir d’une quelconque manière. Rien qu’à cette pensée, son cœur se serra car elle savait qu’à un moment ou un autre elle devrait lui parler que cela le, les ferait probablement souffrir.
A ce moment-là, comme s’il avait senti son cœur s’alourdir, il caressa son visage et lui donnant un baiser léger, doux. Puis, il la regarda, caressa encore son visage. Et doucement les pensées qui étaient venues alourdir son cœur s’effacèrent comme par magie. Elle se serra alors contre lui.
Puis ils prirent l’hors-d’œuvre qu’il avait préparé lui-même, comme tout le reste, une tranche de saumon recouvrant une macédoine de légumes légèrement relevée d’une fine mayonnaise. Ils discutèrent encore de tout et de rien, du boulot, des gens au boulot, d’Amanda. Puis, il glissa devant elle un paquet tout en longueur enveloppé avec soin. Un bracelet. Un collier peut-être. Il n’avait pas fait ça quand même se dit-elle en ouvrant ce paquet qui ne contenait rien d’autre qu’un stylo gravé à son prénom. Il sourit à son air « ouais bof ! T’aurais pu trouver mieux ».
Ils dansèrent encore, s’embrassèrent encore de plus en plus langoureusement. Plus en plus, quitter les bras de l’autre devenait une torture.
Le repas continua.