Conte 5 Version Writer's Cut -11
Conte 5 – Writer’s cut - 11
Belinda Laddhyn et le Trèfle magique
Les jours suivant s’enchaînèrent très vite pour elle comme pour lui. Le monde ne leur semblait plus totalement le même. Quelque chose était différent. Quelque chose s’était transformé. Ils n’étaient plus seuls, il y avait quelqu’un à leur côté, quelqu’un sur qui ils pouvaient compter. Ils étaient heureux.
Vendredi 19 décembre 2014.
Ce jour arriva bien vite. Et ce jour-là était un jour particulier pour elle. C’était son anniversaire. Et pour la première fois depuis fort longtemps elle n’était pas seule pour le passer, pour, peut-être même, qui sait, le fêter. Lorsqu’elle se leva et la première chose qu’elle fit fut de regarder son portable. Mais il n’y avait pas de message. Il était encore de bonne heure. Elle se doucha, s’habilla, se fit chauffer un mug de chocolat au micro-onde comme à son habitude. Et toujours pas de message. La déception commença à naître en elle. Il avait dû oublier. En même temps il n’y avait pas longtemps qu’ils étaient ensemble. Ce n’était pas si grave que ça. Pas si grave que ça.
Elle prépara ses affaires pour la journée, rejoignit sa voiture et se dirigea vers son bureau comme tous les jours, comme à chaque fois. Mais ce portable la torturait comme il ne l’avait jamais fait. Il ne sonnait pas, n’émettait aucun ding. C’était foutu, il avait oublié. Ce que ça faisait chier le monde, ça !
Enfin, elle arriva devant l’école d’infirmière. Avant de descendre de sa voiture consulta encore ce portable. Zéro message mais cinquante notifications de mec qu’elle ne connaissait pas. Elle en supprima alors l’application.
Elle descendit alors de sa voiture, le pas pressé, elle se dirigea vers son bureau, déçue.
Comme toujours, elle y entra. Mais là son visage s’éclaira. Un petit paquet joliment emballé l’attendait sur son bureau. Aussitôt, sans même se demander comment il avait fait pour le déposer là, elle referma la porte et se précipita dessus. Aussitôt, se dessina un large sourire sur son visage. Il n’avait pas oublié. Et peu lui importait ce que ce paquet contenait. Il n’avait pas oublié, c’était tout ce qui comptait. Elle regarda ce paquet sur toutes les coutures. Elle était partagée entre l’envie de l’ouvrir et celle de ne pas l’ouvrir, de garder ce paquet comme il était. Mais après tout se dit-elle, c’était son anniversaire. Elle l’ouvrit et éclata de rire. C’était un porte-clefs. Le truc totalement bidon. On aurait dit un cornet de glace, un truc comme ça. Et il y avait un petit mot décoré d’un petit dessin d’enfant « La miss et moi on te souhaite un joyeux anniversaire, on se voit ce midi. Ps : ce que tu tiens dans les mains c’est une petite lampe torche en forme de flambeau ce n’est pas un cornet de glace, n’essaie pas de le lécher ! A la rigueur tu peux peut-être essayer de la frotter et qui sait peut-être qu’un bon génie apparaitra ! ».
Elle avait un sourire jusque derrière les oreilles. Elle prit son portable et allait écrire un message. Mais elle n’en fit rien. Elle attendrait de le voir ce midi pour le remercier. Elle prit alors ce petit porte-clefs, le regarda sur toutes les coutures. Et elle remarqua un petit bouton poussoir sur le côté, l’actionna. Le flambeau s’alluma en rose fuchsia et se mit à tourner sur lui-même. Elle resta là à le regarder avec ce sourire qui ne la quittait pas.
La matinée passa bien plus vite que d’habitude.
Les midis arrivèrent et elle s’apprêtait à le voir arriver d’une minute à l’autre. Et là encore personne. Elle se doutait qu’il préparait quelque chose. Mais quoi ? Elle se dit qu’elle verrait bien. Elle se leva de son bureau, prit son manteau et là on frappa à sa porte. Il ne fallait pas être très futée pour savoir qui tapait. Lorsqu’elle ouvrit son visage s’éclaira de nouveau. Il était là tenant Amanda par la main. La petite fille lui sauta au cou comme s’il y avait des années qu’elle la connaissait et qu’elle ne l’avait pas vue depuis au moins autant de temps. Et elle lui fit quelques gros bisous. Lui, il la regarda. Elle lui fit alors un gros baiser sur les lèvres.
- « Merci »
- « Tu sais que c’était pour plaisanter ce truc »
- « Je le garde de toute façon… » lui dit-elle en lui montrant ses clefs de voitures sur lequel trônait déjà la petite torche.
Tous les trois s’en allèrent vers le restaurant qu’il avait réservé pour eux ce midi. Là, la petite fille lui offrit le gobelet à stylo qu’elle lui avait fabriqué en pâte à sel pour mettre sur son bureau et bien sûr il y avait une belle licorne qui y siégeait…bien qu’il soit un peu bancal.
Lui, il offrit une belle boite de chocolat. Ils mangèrent tous les trois, ensemble. Il avait même réservé un gâteau avec des bougies dessus, qu’elle souffla aidée de la petite fille qui en avait profité pour lui grimper sur les genoux.
Puis, le temps de repartir au bureau arriva. Déjà. Elle le regretta. Si elle avait pu rester avec eux, elle l’aurait volontiers fait. Mais il n’y avait que quelques heures à attendre pour les retrouver.
Quelques heures qui passeraient vite mais qui lui seraient tellement longues.
La nuit était déjà tombée lorsqu’elle en sortit enfin. Elle ne devrait pas y revenir avant le début d’année prochaine, vacances scolaires oblige. Et cela n’était pas fait pour lui déplaire.
Elle se dirigea alors vers sa voiture, ses clefs dans sa main et la petite torche s’alluma. C’était pratique quand même ce truc lorsqu’il faisait noir. Et encore une fois, son visage s’éclaira malgré le froid. Il était là, il l’attendait.
Elle arriva devant lui.
- « Bonsoir » lui dit-elle avec ce large sourire qui semblait déjà ne plus vouloir la quitter
- « Salut… »
- « Tu fais quoi, là ? »
- « Ça »
Il l’attira vers lui et l’embrassa passionnément.
- « Ça, ça réchauffe » sourit-elle de toutes ses dents.
- « Et encore t’as rien vu…tu sais ce que tu vas faire ?... » lui demanda-t-il tout en la gardant dans ses bras, « ben tu vas rentrer chez toi…c’est déjà pas mal, hein ?! »
- « Beau programme » acquiesça-t-elle
- « Toute seule »
- « Ça aussi ça me va »
- « Et tu sais quoi ? Tu vas bien t’habiller mais vraiment…et je t’attends à la maison…tu verras pour le reste »
- « Et si je le fais pas tu me feras quoi ? »
- « Tout ce que tu veux »
- « Miam ! » sourit-elle avant d’éclater de rire.
Encore une fois, il l’embrassa et s’en alla.