Conte 5 Version Writer's Cut -7

 




Conte 5 – Writer’s cut - 7

 

 

Belinda Laddhyn et le Trèfle magique

 

 

Dans les jours qui suivirent, ils se croisèrent encore à la machine à café échangeant un simple « bonjour » puis quelques mots, parfois quelques sourires puis discutant ensemble durant leur pause.

De plus en plus, elle comme lui attendaient l’heure des pauses du matin et de l’après-midi durant lesquelles ils pourraient discuter de tout et de rien parfois sous le regard moqueur de Nadya qui ne pouvait s’empêcher de sourire.

 

Un jour, bien sûr, boire un café en vitesse devant un distributeur ne leur suffît plus. Lui se demanda comment il pourrait faire, comment il allait faire avec sa gamine. Il ne pouvait pas l’inviter directement chez lui et il était hors de questions de laisser Amanda seule chez eux. En plus, comment lui dire que son papa allait sortir avec une dame, cela faisait des années que cela ne lui était plus arrivé. Elle aurait peut-être du mal à comprendre. Elle lui en voudrait peut-être un peu.

 

Elle, elle se demanderait ce qu’il penserait si c’était elle qui faisait le premier pas parce             qu’il n’était pas du genre des hommes qu’elle avait pu rencontrer, ça se voyait. Si cela avait été le cas, il aurait déjà tenté de la sauter. Bon c’était sûr qu’il y avait déjà pensé. Elle aussi. Plusieurs fois même.

 

Comme lorsque l’eau de sa douche du soir ruisselait sur sa peau cuivrée. L’odeur vanillée de son shampoing et du gel douche, avec lequel elle se lavait, parfumaient toute sa salle de bain.         Elle sentait ses mains parcourir son corps, la mousse crépiter sur sa peau, l’eau glisser sur son cou, descendre sur ses seins, couler entre ses seins, sur son dos, sur ses fesses.

Parfois, elle s’imaginait qu’il était là avec elle, sous cette douche, que ses propres mains étaient les siennes. Qu’elles la caressaient comme elle se caressait en se savonnant.            Elle sentait alors son sexe s’ouvrir, cette douce sensation qui, parfois, l’envahissait.                Elle s’imaginait alors qu’il était là contre elle. Elle sentait sa chaleur, ses lèvres contre les siennes. Son torse contre ses seins. Son ventre contre le sien. Son sexe durcir contre le sien. Elle avait l’impression de le sentir se serrer contre elle. Elle avait l’impression de sentir ses mains parcourir son corps, la caresser, caresser son dos, ses hanches, son ventre, remonter jusqu’à ses seins, les presser doucement. Puis descendre jusqu’à son sexe. Sentir sa main sur son clitoris, le caresser de petits mouvements circulaires tandis que sa langue s’enfonçait, doucement, dans sa bouche caressant la sienne, s’enroulant autour de la sienne. Elle sentait sa respiration se faire plus rapide, son désir grandir. Elle avait l’impression de sentir sa main sur son sexe. Elle laissait alors son propre doigt la pénétrer. Puis elle se caressait de nouveau le clitoris, écartant ses lèvres, le frottant de plus en plus fort, laissant son doigt la pénétrer de plus en plus rapidement. Elle sentait son cœur battre plus fort, sa respiration s’accélérer encore. Elle se retenait alors de gémir sous les assauts de sa main et de son doigt. Elle sentait grandir en elle cette douce douleur alors qu’elle faisait tourner son doigt en elle, le frottant contre les parois de son vagin. Son ventre gonflait et rentrait. Elle se mettait alors à pousser de fins gémissements tandis que son envie de jouir grandissait. Elle caressait alors de plus en plus rapidement son clitoris, son doigt la pénétrait de plus en plus rapidement. Elle se retenait de jouir. Pas tout de suite. Pas encore. Elle gémissait. Et ces gémissements ne l’excitaient que davantage. De plus en plus fort, elle agitait la main sur son sexe. L’eau qui coulait sur elle, sur ses seins, sur son ventre jusqu’à sa main, dans son dos, sur ses fesses, ne faisait que l’exciter davantage. Elle n’en pouvait plus. Elle s’écarta alors les lèvres et se laissa jouir. Elle glissa, encore, une dernière fois son doigt en elle, caressa encore un peu son clitoris gardant en elle encore un peu de cette douce sensation qui s’évaporait, déjà, le temps que sa respiration redevienne normale.

Généralement, elle prenait ensuite le flacon de gel douche, en versait quelques gouttes dans sa main et s’en lavait le sexe sentant cette douce odeur de gel douche autour d’elle. Puis, elle y passait, délicatement, le jet d’eau pour se rincer.  

 

Poussé par Nadya qui lui promit de garder Amanda dont elle avait fait la connaissance quelques semaines plus tôt, il trouva, maladroitement, le courage de l’inviter à sortir. Aller boire un verre, peut-être manger un morceau quelque part, quelque chose comme ça.

Lorsqu’il le lui demanda. Un large sourire se dessina, alors, sur le visage de la jeune femme. Elle accepta aussitôt.

 

 

Le samedi suivant, elle le rejoignit au restaurant. Ils mangèrent, parlèrent de tout, de rien, rigolèrent, évoquèrent des souvenirs. Lui parla de sa fille, elle de son enfance à la campagne. Personne n’aurait pu alors dire, dans ce restaurant, que, quelques semaines plus tôt, ils se seraient volontiers étripés s’ils l’avaient pu.

 

Après un café qui se termina bien trop vite, ils allèrent marcher un peu alors que la neige commençait à tomber. Elle s’arrêta et regarda un flocon flotter devant elle, tomber dans sa main et le regarda y fondre. Lui la regarda elle. Il n’avait jamais vu combien elle était belle avant aujourd’hui. Et ce n’était pas que son physique, que son regard ou ses yeux d’un marron presque noir ou même son visage. Il ne l’avait jamais vue comme il la voyait aujourd’hui, à ce moment-là. C’était aussi et surtout cette douceur qu’elle avait en elle, dans sa façon de parler, dans son sourire, dans son regard, dans chacun de ses gestes, elle contrastait avec ce qu’il avait pu voir d’elle quelques temps plus tôt. Jamais il n’aurait imaginé qu’elle pouvait être aussi douce, aussi gentille, aussi calme. Et il y avait cette force et cette tristesse qui émanaient parfois de son regard. Son sourire était incroyable pour lui. Il n’avait jamais ressenti ça. Il n’avait jamais ressenti cette envie pratiquement irrésistible de la prendre dans ses bras et de l’embrasser. De véritablement l’embrasser elle. Elle. Rien qu’elle.

Il dut alors rassembler toutes ses forces et toute sa volonté pour ne pas le faire, pour se contrôler. Elle leva les yeux vers lui. Son sourire illumina son visage. Ils se remirent à marcher sans un mot. Ils se promenèrent dans le centre ville croisant badauds et autres quidams qu’ils ne virent pas, regardèrent quelques vitrines de magasins pour faire en sorte de prolonger ce moment ensemble. Puis, ils continuèrent jusqu’à chez elle.

 

Lorsqu’ils arrivèrent au bas de son immeuble. Elle se tourna vers lui.

 

-          « On y est » sembla-t-elle regretter de déjà y être.

-          « Tu t’es pas trop ennuyée ? Je suis pas quelqu’un qui parle beaucoup, j’ai plutôt l’habitude d’écouter une petite fille de six ans…je sais bien que ça aurait été mieux de sortir un soir mais… »

-          « Non, t’inquiètes pas, j’ai passé un bon moment. Et je te l’ai dit je sais que tu as une fille…je comprends tout ça »

-          « Ok…ok… ». Il savait que le moment de l’embrasser arrivait. Autrement, elle tournerait les talons et ce serait foutu. C’était l’une des choses les plus difficiles        qu’il eut à faire. Il ne s’agissait que d’un pas vers elle. Un simple pas. Mais cela lui foutait une trouille indescriptible. C’était tellement dur.

-          « Bon… je vais te laisser rejoindre Amanda elle doit attendre son papa… »

-          « Elle voudra tout savoir… »

-          « Je me doute…alors ?...On se voit lundi…à la machine à café » dit-elle sans vraiment s’en aller.

-          « Ok » acquiesça-t-il.

-          « Ok. A lundi » se dit-elle voyant qu’il ne bougeait pas.

 

Elle se tourna et commença à se diriger vers l’entrée de son bloc. Là, la plus grande des peurs l’envahit alors. Elle partait. Il était en train de la laisser partir, de laisser passer sa chance, leur chance. Elle se retourna vers lui qui la regardait

 

-          « Belinda !...[il s’avança d’un coup vers elle pour la rattraper]…me frappes pas, s’il te plait ! ».

 

Il la prit alors dans ses bras, se serra alors contre elle, effleura ses lèvres des siennes, leurs regards se capturèrent l’un l’autre. Et ils s’embrassèrent.

Ce baiser ne fut pas le plus long ou le meilleur qu’ils partageraient. Mais il effaça tout ce qu’il y avait autour d’eux. Durant ce court instant, il n’y eut plus qu’eux. Seuls.