Conte 5 Version Writer's Cut -6

 




Conte 5 – Writer’s cut - 6

 

 

Belinda Laddhyn et le Trèfle magique

 

 

Quelques jours plus tard, comme ça d’un coup, en se levant un matin, il se dit que c’était normal que quand on avait fait tout qu’est-ce qu’on pouvait que c’était normal que c’était qu’on avait tout qu’est-ce qu’on voulait, hein !

Et elle avait bien raison, alors. Ils partirent à l’aventure voir la mer, la plage et profitèrent de quelques jours de repos bien mérités. Quelques jours où s’ils profitèrent d’aller au resto, à rester sur la plage à bronzer, à ne rien faire d’autre que de regarder les vagues en mangeant une glace, des chouchous sans penser à rien, d’aller visiter un musée ou un aquarium, de voir ce qu’il y avait à voir. La petite fille, elle, c’était ses premières véritables vacances, la première fois qu’elle voyait la mer, la plage, le sable. Elle le méritait. Peu lui importait ce que cela lui couterait. Il dépenserait bien plus pour cette formation. Et l’argent n’était pas ce qu’il l’inquiétait le plus.

 

Mais toutes les bonnes choses…

 

Ils durent alors rentrer chez eux. Mais ils ne rentrèrent pas seuls, à défaut d’avoir un chien ou un chat, Amanda eut à la place un petit lapin bélier. Ils auraient été à l’école, elle comme lui et prendre un chien ou un chat, cela aurait été faire un malheureux car il aurait été seul la plupart du temps. Cela n’aurait pas été responsable.

 

Ce furent-là leurs premières véritables vacances.

 

La rentrée arriva bien vite. La petite fille reprit l’école dans ses beaux habits neufs, impatiente de les montrer à ses copines.

Lui attaqua cette rentrée pour la première fois avec espoir, l’avenir serait peut-être différent de celui qu’il avait imaginé.

 

Ce premier jour commença par un cours magistral durant lequel les profs de cette formation viendraient se présenter et expliquer aux futurs infirmiers et aux futures infirmières en quoi consisteraient leurs cours.

 

Il alla alors s’installer à une chaise vide à côté d’une jeune femme aux longs cheveux noirs, au teint blanc et aux nombreux piercings.

 

-          « Salut ! » lui lança-t-elle avec un beau sourire « * Je m’appelle Nadya et toi ? »

-          « Damian, salut »

-          « Alors tu veux être infirmière comme ça ? »

-          « Quelque chose comme ça ouais…avec un truc en moins en haut et un truc en plus en bas » sourit-il. Elle sourit à son tour.

-          « Toi, je t’aime bien ! Tu peux t’asseoir ! »

-          « Merci, c’est trop gentil ! »

-          « Ah, mais te fais pas d’illusion ! Je suis lesbienne ! »

-          « Et moi qui nous voyais déjà mariés, je suis déçu ! Heureusement, je vais être infirmière je vais pouvoir choper des médocs et me défoncer pour oublier ce que tu m’as fait »

-          « Si tu réussis à en choper tu m’en fileras ? »

-          « Si t’es gentille avec moi ! »

-          « Si tu veux que je sois gentille avec toi il faudra être encore plus gentil avec moi »

-          « Je suis quelqu’un de très gentil… »

-          « Ouais et ça se voit, je suis bien contente que ce soit toi qui te sois assis ici ». Il sourit et le cours commença alors tous les deux se turent.

 

Quelques semaines étaient maintenant passées et tous avaient pris ou repris leur marque. La routine s’était déjà installée.

Damian et Nadya suivaient les cours ensemble, devenaient de plus en plus proches. A la pause tandis qu’elle allait fumer sa clope, lui allait boire un café discutant parfois avec d’autres mais le plus souvent il restait seul. A l’écart.

 

Et un jour en allant chercher son café, il tomba sur une ancienne connaissance qui avait réussi à l’éviter jusque-là. Et cette fois, il se rendit bien compte qu’elle ne l’avait pas oublié vu le regard qu’elle lui lança.

Et bien que le temps soit passé, il avait toujours cet effet sur elle, il la faisait trembler.

 

Plusieurs fois, ils se croisèrent à ce distributeur, ce qui faisait sourire Nadya             lorsqu’elle assistait à la scène. On aurait dit deux pitbulls enragés qui allaient se sauter à la gorge avant de baiser ensemble comme des lapins…ce qui ne leur aurait pas fait de mal d’après elle.

Il y avait à peu moins de deux mois qu’il avait commencé cette formation. Le temps s’assombrissait dehors, l’automne prenait doucement ses quartiers. Et comme bien souvent à la pause de l’après-midi, alors que Nadya était partie fumer sa clope, Damian prenait un café, seul.

 

Et comme par hasard, il se retrouva derrière cette charmante conseillère formation qui se retourna vers lui, le regarda et fit comme s’il n’était pas là, ce qui le fit sourire. Pour la première fois, il remarqua son parfum ou peut-être était-ce seulement l’odeur de ses longs cheveux noirs. Cela avait quelque chose d’assez déroutant car c’était la première fois qu’il l’envisageait comme un être humain, comme femme et pas seulement comme un obstacle sur sa route qui allait finir par le faire chier. Mais là, ce parfum, cette odeur…ça le troublait.

D’un coup, elle se mit à taper sur cette foutue machine qui ne lui avait pas donné son café, elle s’énerva appuyant et appuyant sur ce foutu bouton. Et l’autre con derrière qui allait encore se foutre de sa gueule !

 

-          « Putain de machine de merde ! » se grogna-t-elle entre les dents avant de s’en aller sans son café.

 

Lui, la regarda filer droit vers l‘extérieur. Cela l’amusa. Un peu. Et alors qu’il prenait un café sans difficulté, une voix en lui, une petite voix, lui chuchota à l’oreille qu’il devrait peut-être lui prendre un café. Tenter de faire la paix après tout il était là et ce qu’il s’était passé quelques mois plutôt ça n’avait plus vraiment d’importance. Pour lui, en tout cas. Car elle, elle n’avait pas l’air d’avoir oublié ni même de le vouloir. Et alors que le café coulait dans son gobelet, il se laissa convaincre. Ce fut alors qu’une alarme se déclencha en lui et elle hurlait. Elle lui hurlait de ne pas faire ça qu’il allait le regretter. Mais il ne l’écouta pas, ce n’était qu’un café après tout. Rien d’autre. Et certainement pas une demande en mariage. Il prit alors un second café qui, lui aussi, coula sans problème.

 

Les deux gobelets dans les mains, il se dirigea vers elle qui s’était assisse sur un petit muret fixant le bout de ses très jolies bottes en cuir.

 

Lorsqu’il arriva devant elle, elle leva les yeux.

 

-          « Tenez, j’ai…[elle le regarda, il lui voulait quoi encore ce con !]…je n’ai pas mis de poison dedans vous pouvez être tranquille »

-          « Ça m’arrangerait… ». Elle murmura ces mots assez fort pour qu’il les entende, tout en prenant ce gobelet en en buvant une large gorgée. Puis elle retourna à ses pensées en continuant de l’ignorer.

 

Lui resta là comme un imbécile sans vraiment savoir s’il devait rester ou pas. Durant ces quelques secondes, il la regarda. Son regard était vide, absorbé dans une sorte de néant où il lui semblait qu’elle plongeait de plus en plus. Mais comme elle s’acharnait à l’ignorer, alors il tourna les talons.

D’un coup, il s’arrêta. On ne laisse pas quelqu’un comme ça même elle se dît-il. Là, une voix en lui hurla, plus encore, de ne pas faire ça.

 

-          « Si je peux me permettre, vous allez bien ?… »

-          « Remonter le temps, vous pouvez ? » lui lança-t-elle

-          « J’ai laissé ma De Loréane chez moi mais si vous en avez besoin je vous la prête, faudra juste faire le plein avant de la ramener ! »

-          « J’ai pas envie de rire ! »

-          « Je ne sais pas ce qui vous arrive mais…ça va bien finir par passer »

-          « Si vous le dites !...[môsieur courrier du cœur !] »

-          « Ecoutez, je sais bien qu’on ne se connait pas et qu’on n’est pas parti du bon pied et je ne sais même pas si j’ai le droit vous dire ça mais…je ne crois pas me tromper en disant que quoi qu’il vous arrive vous êtes capable de l’affronter…[elle soupira jetant ses yeux au ciel]]peut-être que je me trompe. Mais franchement je ne crois pas. Vous êtes plus forte que vous ne le croyez…[elle dénia enfin le regarder]…ça se voit…bon pas là comme ça…mais quant on se croise et que vous avez ce regard de tueuse en série qui doit se retenir pour ne pas m’arracher la tête, croyez-moi là ça se voit…même si je ne crois pas que ce soit la tête que vous vouliez m’arracher…[elle esquissa un léger sourire]…vous voyez !...Je vous laisse tranquille »

-          « Merci »

-          « De quoi !...Vous rendez pas malade pour ce qui vous arrive ça ne sert à rien ».