Conte 5 - Version Writer's Cut -1
Conte 5 – Writer’s cut - 1
Belinda Laddhyn et le Trèfle magique
Le 1er juillet 2017. Ce serait un samedi...oui je vous ai pas dit, désolé ça m’a
échappé je suis devin. Divin, vous diriez ? Oui, c’est vrai vous avez bien
raison. Je vous aime…clin d’œil…clin d’œil…mon p’tit chou, je t’aime, tu
sais ! Ouh ! Si t’étais là qu’est-ce que je te mettrai !...Enfin
je veux dire : je te mettrai…je te mettrai…ah-ah ! Au moins je
dirai ! Au moins ! Et même pas loin de ça, quoi !...Au
moins !…Euh…euh…je te mettrai au coin…c’est trop tard, hein ?Mon dieu
que c’est dur de noyer le poisson surtout quand i’ refuse de crever !
Cette date était gravée en elle, dans chacune de ses
pensées, dans chacun de ses actes.
Il ne lui restait qu’un peu plus de trois ans. Trois ans pour profiter
autant qu’elle le pouvait de tout ce qu’elle pouvait. Et elle en profitait la salope ! Oh, putain, vous avez pas
idée !...euh…chuuut non, non…chuuuut…non pas de polémiques...chuuut…on est
tous des salopes…attention nouveau slogan : « je suis
salope ! »...ça vous va comme ça…eh ben, vous êtes pas qu’un peu
démago vous ! Jusqu’au fond, hein ! Vous me répugnez !
Peu lui importait de ce qu’on penserait d’elle, de ce qu’on dirait d’elle. Elle n’avait plus que trois ans pour vivre toute une vie. Vivre encore quelques mois avant de mourir. Avant de disparaître. Avant que tout ce qu’elle était, que tout ce qu’elle aimait, que tout ce qu’elle avait un jour espéré, rêvé ne soit oblitéré par une décision prise longtemps avant même qu’elle ne soit en âge d’en prendre la mesure.
Cette date, pour elle, signait son arrêt de mort. Ce serait tout comme. Elle respirerait peut-être encore mais rien en elle n’y survivrait. Rien.
Alors depuis qu’elle connaissait cette échéance, elle avait décidé de profiter. De profiter de sa vie, de son corps. Profiter de manger ce qui lui faisait envie, de boire ce qu’elle voulait, de sortir, de se payer des fringues, des tonnes de fringues et de chaussures, de s’offrir un voyage de temps en temps et de se faire sauter.
Ses nuits, elle les commençait toujours de la même manière : derrière son volant. Elle roulait pour rejoindre un bar qu’elle avait repéré sur internet ou rejoindre un mec avec lequel elle avait échangé quelques mots sur une application de rencontre.
Ce n’était pas tant le fait de sortir ou d’aller boire un verre ou de rencontrer quelqu’un qui l’intéressait. Ce qu’elle voulait c’était se faire baiser.
Un mec un peu musclé, un peu soigné, pas trop mal physiquement qui passait devant elle ou sur l’écran de son portable. Un sourire. Un verre vite pris. Elle laissait s’attarder sa main sur sa cuisse. Elle la glissait jusqu’à son entre-jambe pour s’assurer qu’il avait bien tout ce qu’il lui fallait et que tout marchait comme il le fallait. Elle aimait sentir son sexe durcir dans sa main, le regardait ne plus arriver à penser à autre chose qu’à son cul.
Là, elle se retrouvait entre deux poubelles, plaquée contre un mur ou une cloison de chiotte, sentant en elle ce mec dont elle ne connaissait pas le nom. Elle voulait qu’il la baise, qu’il la défonce. Mais la plupart du temps, elle devait se caresser elle-même pour se faire jouir quant eux avaient déjà fini. Certains d’entre eux avaient à peine enfilé une capote qu’ils se crachaient dessus comme des gamins avant même de l’avoir pénétrée. Les autres, elle devait les branler pour qu’ils parviennent à bander entre deux gorgées de leur bière. Les derniers, ils la sautaient sans plus. C’était toujours mieux que rien, qu’un bout de plastique acheté sur internet.
Parfois, il lui arrivait de tomber sur le genre de mec
qu’elle recherchait. Le mec bien monté prêt à se décrocher les couilles pour la
faire hurler. Et là elle prenait son pied. Elle le sentait tout de suite quant
elle tenait son sexe dans sa main, quant elle le sentait durcir tandis qu‘il se
mettait à enfoncer sa langue dans bouche et à presser ses seins. L’un de
ceux-là savait comment s’y prendre pour la caresser, pour l’écarter, la doigter
et la faire mouiller. Et elle n’avait alors plus une envie qu’il la prenne.
Qu’il caresse son clitoris avec son sexe et d’un coup, qu’il la pénètre,
sauvage, violent qu’il s’enfonce en elle encore et encore, qu’il la chevauche,
qu’il la cogne contre cette cloison ou ce mur jusqu’à ce qu’elle n’en puisse
plus, jusqu’à ce qu’elle se mette à hurler. Elle voulait qu’il continue à
s’enfoncer en elle plus fort, plus vite. Elle sentait ses couilles frapper sur
son clitoris. Elle sentait sa queue entrer en elle, sortir, tellement dure.
Elle la sentait racler, écarter les parois de son vagin, lui provoquer cette
délicieuse douleur. Et elle en voulait encore plus. Elle voulait jouir. Elle
voulait se sentir jouir. Encore. Parfois elle pressait si fort sur son clitoris
que d’un coup elle se mettait à jouir comme si elle éjaculait. Là, elle se
mettait à hurler tandis que l’un ou l’autre de ces mecs la secouait toujours,
que sa queue était toujours en elle. Et elle hurlait jusqu’à qu’il ait craché. ...euh…vous voulez des mouchoirs en papier
ou ça ira ?...euh...essuyez pas vos doigts dans les pages, c’est
dégueu ! Quelqu’un d’autre que vous pourrait avoir envie de lire ce
livre…euh...brisez pas mes rêves !
Ces soirs-là elle passait une bonne soirée, elle avait le
sentiment d’avoir profité de ce qu’elle pouvait. Du moins jusqu’à ce qu’elle soit
sur la route du retour, seule dans sa voiture, sentant son entre-jambe lui
faire mal. Jusqu’à ce qu’elle rentre chez elle, toujours seule, jusqu’à ce
qu’elle se déshabille et jette ses vêtements dans la corbeille de linge. Là,
généralement, elle sentait cette odeur dégueulasse qu’elle avait sur elle,
cette odeur de crevette pourrie qui envahissait chaque pore de sa peau. Elle
avait tellement l’impression d’être sale. C’était comme si tout son corps, que
sa peau cuivrée était recouverte de crasse puante et collante. Parfois, elle se
mettait à se frotter frénétiquement, parfois jusqu’au sang. Ces fois-là, elle
finissait au fond de sa douche, recroquevillée sur elle-même attendant que le
jour se lève...oh pauvre petite chose qui
chiale parce qu’elle s’est faite défoncée comme une grosse
salope !...euh...oui…euh…ah tiens ! Je vous ai pas dit qu’elle était
à poil ? Autant pour moi. Regardez bien, on voit un petit bout de son sein
droit qui pointe un peu comme Milla Jovovich dans « Resident Evil », le premier film, quand elle sort de sa
douche avant de passer son peignoir…euh…non je suis pas un pervers…j’ai juste
un œil aiguisé et très affûté dans ce domaine…euh…passons…merci…merci
Milla !
Elle aurait tellement voulu pouvoir décider de sa vie, de ce qui allait lui arriver, de contrôler son destin même si ce n’était qu’une illusion. Bientôt, elle ne choisirait même plus les vêtements qu’elle porterait ou ce qu’elle mangerait. Elle n’aurait plus son mot à dire. Elle n’aurait plus qu’à subir.
Et dire que tous ces mecs qui la sautaient pensaient que c’était eux qui la baisaient alors que c’étaient eux qui se faisaient baiser. Jamais ils ne la posséderaient comme elle les possédait. Ils ne pensaient qu’avec leurs couilles et aucun d’eux n’en avaient véritablement. Ils se pensaient homme alors qu’ils étaient incapables de se conduire en homme digne de ce nom. Ils se croyaient grands et forts. Et une simple caresse sur l’entre-jambe suffisait pour qu’ils se transforment aussitôt en toutou sans cervelle peine capable de remuer la queue, bavant devant une chatte à peine ouverte et une paire de seins.
Ils ne valaient même pas la peine qu’elle sache leur nom puisqu’au moment où il était sur elle, derrière elle, en elle, ils n’étaient plus que des animaux.
Ses journées, comme la plupart des gens, elle les passait derrière un bureau où personne n’aurait pu imaginer une seule seconde ce qu’elle faisait de ses nuits.
Là, parfois, elle se faisait insulter poliment et avec un beau sourire par une double gamine dont le père était médecin. Parfois, elle se faisait engueuler comme une sous-merde par une autre dont la mère siégeait au conseil d’administration de l’hôpital dont dépendait l’école d’infirmière où elle travaillait comme conseillère formation. La plupart du temps, elle n’avait rien d’autre à faire que participer à une ou une autre formation, recevoir un quidam qui croyait que devenir infirmière consistait à ouvrir la bouche pour tailler une pipe à un médecin, faire passer des tests de personnalités à des gens qui n’en avaient aucune, expliquer et expliquer encore et encore les mêmes conneries à des sombres cons envoyés par Pôle Emploi. Et tout ça avec un beau sourire.
La vérité : elle détestait ce boulot de merde. Elle se sentait enfermée dans ce bureau de six mètres carré dont la fenêtre ne s’ouvrait même pas. Elle avait été élevée à la campagne dans la ferme qui était dans la famille de sa mère depuis des dizaines d’années. C’était son père qui la faisait tourner aujourd’hui.
Enfant, elle avait toujours imaginé qu’elle la reprendrait à son tour avec son mari qu’elle y élèverait ses enfants comme elle l’avait été. Mais, adolescente, à la mort de sa mère, elle avait vite compris qu’elle ne la reprendrait jamais. Tout au plus, si elle avait de la chance, elle pourrait y élever des moutons. Si on le lui laissait faire. Des moutons qu’elle finirait par devoir égorger. Alors plusieurs fois, elle s’en était enfuie. Mais, à chaque fois, son père l’y avait ramenée, la plupart du temps, de force.
Une fois ses études terminée, elle avait passé un accord avec lui. Elle lui avait demandé cinq ans. Cinq ans pour vivre. Cinq ans pour savoir ce que cela faisait d’être libre. Après il disposerait d’elle de la façon dont il voulait et pourrait la marier à un homme qu’elle n’avait jamais vu, qui lui grimperait dessus quelques heures après l’avoir rencontrée, sans avoir pris le temps de s’intéresser à elle, sans savoir ce qu’elle aimait ou qui elle était. Il lui grimperait dessus sans lui demander son avis et dès qu’il en aurait envie sans tenter une seule seconde de lui donner du plaisir, de lui faire l’amour. Elle ne serait alors plus qu’un trou où sa queue rentrerait et d’où les gosses sortiraient. Des gosses qui la traiteraient comme une merde s’ils étaient des garçons ou à qui elle devrait apprendre à fermer leur gueule et écarter les jambes si elles étaient des filles. Peut-être même qu’elle devrait accepter de les laisser se faire mutiler pour plaire à leur père et aux futurs maris qu’il leur choisirait en fonction de ce que les futurs beaux-parents pourraient larguer en fric…ou en chèvres, chameaux, Yala ! C’est cadeau !...Euh…pour éviter toute polémique non je ne suis pas raciste...et puis la loi est claire en France : tout ça, ça n’existe pas puisque le mariage forcé est illégal donc…y a pas de soucis ! Non ?! Tout va bien, c’est que de la fiction ! Un peu comme la prostitution ou le trafic de stupéfiant…ben quoi ! C’est vrai tout ça, ça n’existe pas ! Par contre, et je ne crois pas me tromper en disant que le Yeti, lui, il existe ! Il a même chouravé le chat de la mère Michelle, pour vous dire ! Hein ! Cet enfoiré ! Mais bon comme c’était pas avant les élections c’est pas grave ! Tout le monde s’en fout !